D’une façon générale, les livres consacrés aux jardins peuvent se répartir en deux grandes catégories : ce que nous appellerons ici le livre d’images et la publication scientifique, qui est, le plus souvent, plus modestement illustrée de dessins, de plans ou de quelques rares photos. Or, on a l’impression que dans ses différentes publications consacrées à Le Nôtre (ce Versailles a été précédé, en 2004, d’un Vaux-le-Vicomte au contenu un peu plus dense ), Michael Brix s’efforce de mêler le contenu scientifique et le plaisir de lecture procurés par un ouvrage bien conçu et assez bien illustré. Dès lors, si son livre sur Versailles apparaît plus synthétique que le précédent, c’est que nous ne sommes pas ici dans la démonstration d’une ou de plusieurs hypothèses, mais dans une volonté d’aiguiser la curiosité des lecteurs et, sans aucun doute, de leur permettre de visiter ou de retourner dans ces jardins avec d’autres yeux.
Depuis l’âge baroque, le jardin de Versailles compte parmi les plus fameuses curiosités d’Europe. Aussitôt érigé en modèle, il a inspiré nombre de cours princières. Il demeure cependant sans égal. Ce livre embrasse plus amplement qu’aucune publication antérieure l’art exigeant, unique d’André Le Nôtre, magicien des jardins, qui atteignit là son apogée.
Historien d’art et photographe, Michael Brix s’est attaché depuis dix ans à analyser la parfaite maîtrise qu’avait Le Nôtre des mécanismes du regard : le jeu des perceptions successives, les effets d’illusion, cette constante alternance de dissimulations et de dévoilements… Outre les plans et les peintures de l’époque, quantités de photographies de l’auteur et de restitutions par simulation numérique appuient le propos novateur de cet ouvrage, aussi bien destiné à l’amateur de l’art des jardins qu’à l’historien en quête de découvertes inédites.