L'Ancien Régime fut l'âge d'or des ambassades extraordinaires, de leur train fastueux, de leurs réceptions solennelles. On logeait ces émissaires de royaumes lointains où l'on pouvait, selon le prix qu'on attachait à leurs bonnes grâces. Mais au XIXe siècle, avec l'amplification du « concert des nations », apparut la nécessité d'une représentation permanente. La Révolution avait vidé nombre de demeures aristocratiques. Les grandes puissances, celles du congrès de Vienne, tout d'abord, les investirent au profit de leur ambassadeur, bientôt suivies de celles issues du grand mouvement d'émancipation nationale que, finalement, consacra le dénouement des conflits coloniaux. Les plus beaux hôtels des « nobles faubourgs », Saint-Germain et Saint-Honoré, comme les palais rococos de la plaine Monceau, véritables morceaux détachés des États qu'ils représentent, restent habituellement fermés au public. On sait peu de leurs ors, de leurs lambris, de leurs trésors... Ces chancelleries et ces résidences demeurent aussi secrètes que les codes du ballet diplomatique.
Pour la première fois, l'auteur, Élisabeth Martin de Clausonne, accompagnée de la photographe Hermine Cleret, nous en ouvre les portes et nous dévoile leur histoire, la petite comme la grande.